Que sont les douleurs et les crampes abdominales ?
Presque tout le monde souffre de douleurs ou de crampes abdominales un jour ou l’autre. Dans de nombreux cas, les douleurs et crampes abdominales disparaissent après un court laps de temps. Certaines personnes souffrent toutefois de douleurs abdominales persistantes (chroniques). Leurs causes sont très variées : la plupart sont relativement bénignes. Mais parfois, ces symptômes sont la manifestation de maladies graves. En cas de douleurs abdominales constantes, il est donc conseillé de rechercher systématiquement l’étiologie.
Les maux de ventre peuvent être classés selon :
- leur durée ;
- leur expression (qualité / caractère de la douleur) ;
- leur localisation ;
- leur irradiation.
Selon leur durée, le corps médical en distingue trois types :
- les douleurs abdominales aiguës, qui sont soudaines, mais disparaissent en peu de temps ;
- les douleurs abdominales chroniques, qui persistent pendant plusieurs semaines et peuvent être plus ou moins prononcées ;
- les douleurs abdominales récurrentes, qui évoluent par crises, entre lesquelles les malades ne souffrent pas.
Les douleurs abdominales aiguës sont relativement fréquentes. Elles sont par exemple provoquées par une infection gastro-intestinale ou du stress. Les douleurs abdominales chroniques sans interruption sont en revanche plutôt rares. Enfin, les douleurs abdominales récurrentes sont nettement plus courantes. Elles sont typiques du syndrome du côlon irritable (SCI) ou encore des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) comme la maladie de Crohn.
Le ressenti est parfois très différent d’une personne à une autre. Il y a les douleurs :
- sourdes ;
- oppressantes ;
- brûlantes ;
- lancinantes ;
- spasmodiques ;
- pongitives ;
- ou encore pulsatiles.
Elles peuvent toucher différentes régions du ventre, se limiter à certaines zones précises ou irradier dans d’autres parties du corps telles que le dos, les bras ou les jambes. Généralement, elles sont très localisées, par exemple dans la partie en haut à droite – ou quadrant supérieur droit.
Les formes de douleurs
Les douleurs abdominales dans le quadrant supérieur droit peuvent être le signe de maladies, notamment :
des calculs biliaires (lithiase biliaire) ;
une colique hépatique ;
une inflammation de la vésicule biliaire ;
une inflammation du foie (hépatite).
L’emplacement de la douleur donne des indications sur les causes des troubles et sert à poser un diagnostic (plus d’informations à ce sujet dans le paragraphe consacré). Mais il existe aussi des cas où il est difficile de déterminer un point d’origine. Les douleurs sont alors dites diffuses.
Les douleurs et crampes abdominales prennent des formes très variées. Elles peuvent être :
- constantes et modérées ;
- violentes, avant de s’estomper ;
- ondulantes, alternant entre une intensité forte et légère ;
- graves au début, puis moindres et à nouveau intenses après une courte « pause ».
Dans le jargon médical, les crampes sont désignées par le terme de coliques. Elles surviennent lorsque l’un des organes abdominaux creux se contracte de manière spasmodique, parmi lesquels :
- l’estomac ;
- l’intestin ;
- la vésicule biliaire ;
- le pancréas.
En cas de phénomène d’intensification et d’atténuation à la manière de contractions, les spécialistes parlent de coliques abdominales ou intestinales. En effet, les muscles de l’appareil digestif sont responsables de l’acheminement des aliments. Pour ce faire, ils se contractent de manière ondulatoire. Il s’agit du péristaltisme intestinal. Différents facteurs peuvent toutefois provoquer des contractions anormales des organes digestifs, ce qui entraîne des coliques intestinales. Dans ces conditions, un examen médical est absolument nécessaire.
Les causes
L’étiologie des douleurs et crampes abdominales est multiple. Souvent, elle ne se trouve pas du côté des déclencheurs organiques, mais plutôt de celui des troubles fonctionnels (sans origine organique) ou des facteurs psychiques.
Le stress, l’anxiété et la colère risquent d’entraîner des répercussions sur le ventre et de provoquer des douleurs abdominales. Dans certaines situations difficiles, l’expression « donner mal au ventre » est donc à prendre au pied de la lettre. L’abdomen contient de nombreuses cellules nerveuses : c’est le système nerveux entérique, aujourd’hui qualifié de deuxième cerveau. Sa tâche principale est de contrôler l’activité digestive. Les études actuelles montrent toutefois que le système nerveux entérique est très sensible aux stimuli psychiques. Ces derniers peuvent littéralement « taper sur le système ».
Outre les facteurs psychiques, l’alimentation joue également un rôle. Cela se ressent notamment au moment de la digestion. Le fait de manger trop vite, des repas très gras ou sucrés et des portions trop importantes est susceptible de créer des douleurs abdominales. C’est en outre le cas de certains troubles digestifs (dyspepsie), dus entre autres à une alimentation pauvre en fibres ou à un apport insuffisant en liquide. Sans oublier les intolérances alimentaires, par exemple au lactose, au fructose ou au gluten (maladie cœliaque). Si elles s’avèrent très violentes et éventuellement associées à d’autres symptômes tels que nausées, vomissements, diarrhée ou sueurs, les douleurs abdominales peuvent être le signe d’une intoxication alimentaire (champignons, poisson…). Bien qu’elles se manifestent plus fréquemment par des éruptions cutanées, les allergies alimentaires se traduisent parfois aussi par des maux de ventre.
Les douleurs abdominales récurrentes cachent souvent un syndrome du côlon irritable. Très répandu, il affecterait jusqu’à 20 % de la population mondiale. Les causes du SCI ne sont pas encore clairement établies. Les résultats de la recherche révèlent toutefois qu’il existe un lien entre le SCI et une barrière intestinale endommagée.
Les causes organiques
Il arrive que des maladies des organes abdominaux soient responsables de douleurs et de crampes abdominales. Quels sont les organes concernés ? L’abdomen s’étend des arcs costaux inférieurs aux aines. Il comprend un grand nombre d’organes, notamment :
- l’estomac ;
- l’intestin ;
- la rate ;
- le foie ;
- la vésicule et les canaux biliaires ;
- le pancréas ;
- les reins ;
- la vessie.
Il faut rajouter l’utérus et les ovaires chez la femme, la prostate chez l’homme. De plus, le cœur et les poumons se trouvent à proximité immédiate ou débordent en partie.
Tous ces organes peuvent être à l’origine de problèmes. Voici quelques pathologies à considérer en fonction de l’organe.
Estomac
- Reflux
- Inflammation de la muqueuse de l’estomac (gastrite)
- Ulcère de l’estomac (ulcère gastrique)
- Cancer de l’estomac
Intestin
- Diverticulose, diverticulite
- Inflammations intestinales aiguës, par exemple l’appendicite
- Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, par exemple la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique
- Ulcère du duodénum (ulcère duodénal)
- Rétrécissement de l’intestin (sténose intestinale)
- Invagination intestinale (intussusception)
- Occlusion intestinale (iléus)
- Perforation intestinale
- Troubles de la circulation sanguine intestinale, par exemple à la suite d’une obstruction des vaisseaux sanguins alimentant les intestins (infarctus intestinal ou ischémie mésentérique)
- Cancer colorectal
Foie et vésicule biliaire
- Calculs biliaires (lithiase biliaire), colique hépatique
- Inflammation de la vésicule biliaire (cholécystite)
- Augmentation du volume du foie (hépatomégalie)
- Maladie du foie gras (stéatose hépatique)
- Inflammation du foie (hépatite)
- Cirrhose – maladie au cours de laquelle le foie développe des cicatrices, le tissu hépatique étant remplacé par du tissu conjonctif, et perd ainsi peu à peu sa fonction, ce qui, dans les cas graves, conduit à une insuffisance hépatique
- Cancer du foie (carcinome hépatocellulaire)
Rate
- Augmentation du volume de la rate, par exemple due à une maladie virale comme la mononucléose infectieuse
- Déchirure de la rate (rupture de la rate)
- Troubles de la circulation sanguine splénique (infarctus splénique)
Pancréas
- Inflammation du pancréas (pancréatite)
- Tumeurs bénignes ou malignes du pancréas (kystes/cancer du pancréas)
Reins et voies urinaires
- Infections des voies urinaires, par exemple une inflammation de la vessie (cystite)
- Calculs rénaux (néphrolithiase), colique néphrétique
- Inflammation du bassinet (pyélonéphrite)
Les autres causes possibles
- Maladies gastro-intestinales infectieuses, par exemple des infections bactériennes, virales, parasitaires ou mycoses
- Dilatation de l’estomac ou des intestins due à une accumulation de gaz
- Irritation/inflammation du péritoine (péritonite)
- Irritation de la plèvre, pleurésie (pleurite)
- Hernies, par exemple une hernie inguinale ou diaphragmatique
- Tumeurs du diaphragme
Hémorragies à l’intérieur de l’abdomen, par exemple après un accident
Un abdomen aigu (syndrome abdominal aigu) correspond à un ensemble de symptômes, dont de violents maux de ventre et une paroi dure. Il est dû à diverses causes et peut être mortel. De fortes douleurs abdominales et un ventre dur sont donc des signaux d’alarme qui indiquent qu’il y a urgence.
Chez la femme, les douleurs et crampes abdominales sont éventuellement liées à des facteurs gynécologiques comme :
- des douleurs menstruelles ;
- des douleurs ovulatoires, soudaines et de courte durée, que certaines femmes ressentent en milieu de cycle ;
- une grossesse, surtout au début, lorsque l’utérus et les tissus environnants commencent à se dilater ;
- une grossesse dans laquelle l’embryon se trouve en dehors de l’utérus (grossesse extra-utérine), par exemple une grossesse tubaire ;
- une endométriose, maladie gynécologique inflammatoire et chronique qui se caractérise par le développement d’une muqueuse utérine (l’endomètre) en dehors de l’utérus, colonisant d’autres organes avoisinants tels que les ovaires et se modifiant au fur et à mesure du cycle féminin à l’instar de la muqueuse à l’intérieur de l’utérus ;
- une inflammation des ovaires (annexite) ;
- une inflammation de l’utérus ou du col de l’utérus ;
- des kystes sur les ovaires (kystes ovariens) ;
- des cancers des organes génitaux internes, par exemple des ovaires (carcinome ovarien).
Chez l’homme, certains maux génitaux, tels qu’une inflammation de la prostate ou une rotation des testicules (torsion testiculaire), rentrent aussi en ligne de compte. Des maladies graves du système cardiovasculaire ou du sang par exemple peuvent également causer des douleurs abdominales, notamment :
- les maladies coronariennes, avec rétrécissement des artères coronaires ;
- l’infarctus du myocarde, dont parfois le premier symptôme est, chez la femme en particulier, une douleur dans la partie supérieure de l’abdomen. De manière générale, des douleurs soudaines dans la partie supérieure de l’abdomen ou dans la poitrine et irradiant dans le ventre peuvent indiquer des affections cardiovasculaires ;
- l’inflammation du péricarde (péricardite) ;
- la rupture de l’artère principale de l’abdomen (anévrisme aortique abdominal), à l’origine de douleurs pulsatiles et lancinantes ;
- les porphyries, des troubles de la production de substances présentes dans l’hémoglobine potentiellement source de douleurs intermittentes, semblables à des crampes (coliques) ;
- l’inflammation des poumons (pneumonie) ;
- l’obstruction d’un ou de plusieurs vaisseaux sanguins alimentant les poumons (embolie pulmonaire) ;
- l’affaissement pulmonaire (pneumothorax) ;
- l’acidocétose diabétique, complication grave du diabète sucré qui constitue une urgence médicale ;
- les troubles génétiques du métabolisme des lipides (hyperlipidémie familiale combinée) ;
- le lupus érythémateux, maladie inflammatoire auto-immune qui se manifeste surtout par des modifications de la peau ;
- l’obstruction (thrombose) des veines du bassin.
En outre, certains médicaments peuvent irriter l’estomac ou entraîner des troubles de la digestion et donc provoquer des douleurs abdominales. De nombreux analgésiques rentrent dans cette catégorie.
Des symptômes supplémentaires
Les douleurs et crampes abdominales sont le signe de problèmes physiques ou psychologiques. Elles peuvent se développer dans différentes parties de l’abdomen comme :
- la partie supérieure de l’abdomen (épigastre) ;
- la partie supérieure gauche de l’abdomen (hypocondre gauche) ;
- la partie supérieure droite de l’abdomen (hypocondre droit) ;
- le bas-ventre (hypogastre) ;
- la partie inférieure gauche de l’abdomen (fosse iliaque gauche) ;
- la partie supérieure droite de l’abdomen (hypocondre droit) ;
- la partie autour du nombril (zone ombilicale) ;
- les parties à droite et à gauche du nombril (flancs droit et gauche).
Selon leur étiologie, les douleurs abdominales s’améliorent ou s’aggravent en bougeant et en changeant de position, par exemple en s’asseyant, en se couchant, en se tenant debout ou en marchant.
D’autres symptômes peuvent s’ajoutent. En plus des douleurs dans l’épigastre s’observent souvent :
- une sensation de « trop-plein » ;
- des brûlures d’estomac ;
- des gargouillis ou des borborygmes dans l’estomac ;
- des nausées ;
- des crampes d’estomac ;
- des haut-le-cœur ;
- des vomissements, éventuellement sanglants, de couleur rouge (sang frais) ou noire, marc de café (sang coagulé) ;
- une pression dans l’épigastre ;
- des douleurs à la respiration.
Les douleurs du bas-ventre sont en revanche partiellement accompagnées par :
- des diarrhées, éventuellement sanglantes ou glaireuses ;
- une constipation ;
- une augmentation des bruits intestinaux ;
- une diminution ou une absence de bruits intestinaux ;
- des flatulences ;
- un ventre gonflé (météorisme) ;
- un arrêt des gaz (ventre gonflé sans que les flatulences s’évacuent) ;
- des douleurs dans l’aine ;
- des brûlures à la miction ;
- une envie fréquente d’uriner ;
- une absence d’élimination de l’urine (anurie) ;
- la présence de sang dans les urines.
Les symptômes suivants sont aussi bien associés aux douleurs abdominales supérieures qu’inférieures :
- une pâleur ;
- une fatigue, un abattement ;
- une perte de poids ;
- une sensibilité au toucher au niveau du ventre ;
- une augmentation de la transpiration ;
- des douleurs dorsales ;
- la présence de sang dans les selles, les traces claires indiquant un saignement dans l’intestin, les traces foncées à noires, goudronneuses (méléna), un saignement dans l’estomac ;
- des frissons, de la fièvre ;
- un jaunissement de la peau, des muqueuses et des yeux (jaunisse) ;
- une décoloration des selles, devenant par exemple jaunes, grises ou blanches.
En cas de crampes (abdominales ou intestinales), la paroi abdominale est souvent tendue et dure.
Si des accumulations de gaz dans l’estomac ou les intestins sont responsables des douleurs abdominales, des symptômes ressemblant à un infarctus du myocarde peuvent s’ajouter. La médecine parle de syndrome de Roemheld. Il consiste entre autres en :
- une pression dans l’épigastre ;
- un essoufflement, une difficulté à respirer ;
- des douleurs dans la poitrine ;
- une sensation d’oppression dans la poitrine ;
- une pointe au cœur ;
- des palpitations cardiaques.
Les urgences
Les douleurs abdominales peuvent être le signe de maladies graves qui doivent être traitées immédiatement. Les indices d’une urgence sont par exemple :
- des douleurs abdominales soudaines et très fortes, qu’elles soient supérieures ou inférieures ;
- des douleurs abdominales soudaines qui s’aggravent rapidement ;
- une détérioration rapide de l’état général ;
- une forte fièvre ;
- une difficulté à respirer ;
- une douleur irradiant dans le bras (gauche) ;
- des douleurs dans la poitrine ;
- des problèmes circulatoires, par exemple des vertiges ;
- une confusion ;
- des troubles de la conscience.
Si tout porte à croire que vos douleurs abdominales relèvent d’une urgence médicale, composez le 112 (numéro d’appel d’urgence) !
Le diagnostic
Il est important de rechercher les causes des douleurs abdominales. Un examen approfondi est nécessaire, surtout si les douleurs persistent. Afin de poser un diagnostic, votre médecin commence par recueillir vos antécédents médicaux (anamnèse) en vous posant différentes questions, entre autres :
- À quand remonte l’apparition des douleurs ou crampes abdominales ?
- Où la douleur est-elle exactement localisée et comment est-elle ressentie ?
- Les douleurs abdominales sont-elles permanentes ou s’atténuent-elles de temps en temps ?
- Les douleurs abdominales sont-elles liées aux aliments consommés auparavant ?
- Avez-vous récemment modifié votre alimentation ? Si oui, pourquoi ?
- Les douleurs abdominales s’améliorent-elles ou s’aggravent-elles lorsque vous bougez ?
- Avez-vous perdu du poids involontairement ?
- Prenez-vous des médicaments qui peuvent provoquer des troubles gastro-intestinaux ?
- A-t-on déjà constaté chez vous une maladie susceptible de provoquer des douleurs abdominales, par exemple une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) ?
- Vos habitudes de défécation ont-elles changé (diarrhée, constipation…) ?
- Vos selles ont-elles un aspect différent d’habitude ? Par exemple, sont-elles actuellement de couleur blanche, jaune, grise ou noire ?
- Avez-vous subi un stress particulier ces derniers temps ou vos conditions de vie ont-elles changé ?
- Avez-vous récemment voyagé ?
- Buvez-vous régulièrement de l’alcool ?
- Pour les femmes : vos douleurs abdominales dépendent-elles de votre cycle ? Apparaissent-elles par exemple en milieu de cycle, juste avant ou pendant les règles ?
- Pour les femmes : quand ont eu lieu vos dernières règles, êtes-vous peut-être enceinte ou avez-vous récemment accouché ?
La notion d’intensité est très subjective : ce qui est déjà une douleur insupportable pour certaines personnes serait encore considéré comme une douleur modérée par d’autres. C’est pourquoi des échelles de la douleur sont souvent utilisées pour pouvoir l’évaluer. Pour cela, la personne concernée attribue une note à la douleur entre 1 et 10 :
- 1 correspond à une douleur légère ;
- 10 est la douleur maximale imaginable ;
- 5 représente une douleur à partir de laquelle elle prendrait des analgésiques.
Connaître leur localisation peut s’avérer utile au diagnostic des douleurs abdominales. C’est pourquoi le médecin divise le ventre en quatre parties – ou quadrants :
- le quadrant supérieur gauche – ou hypocondre gauche (1) ;
- le quadrant supérieur droit – ou hypocondre droit (2) ;
- le quadrant inférieur gauche – ou fosse iliaque gauche (3) ;
- le quadrant inférieur droit – ou fosse iliaque droite (4).
La zone ombilicale (5) et les flancs (6) ont également leur importance.
Les douleurs dans l’épigastre évoquent des affections des organes abdominaux supérieurs comme l’estomac, le pancréas ou le foie ou des maladies cardiovasculaires et respiratoires telles qu’un infarctus du myocarde ou une pneumonie. En revanche, les douleurs dans le bas-ventre indiquent plutôt des problèmes intestinaux, des maladies de l’appareil urinaire, par exemple de la vessie, ou des organes génitaux internes.
Les douleurs dans l’épigastre
- Gêne ou inconfort ressentis au creux de l’estomac (dyspepsie fonctionnelle)
- Reflux
- Inflammation de l’œsophage (œsophagite)
- Ulcère de l’estomac (ulcère gastrique)
- Inflammation de la muqueuse de l’estomac (gastrite)
- Cancer de l’estomac
- Maladies ou altérations du diaphragme
- Évagination de l’artère principale dans l’abdomen (anévrisme aortique abdominal)
Les douleurs dans l’hypocondre gauche
- Inflammation du pancréas (pancréatite), souvent avec extension de la douleur autour de l’épigastre comme une ceinture
- Ulcère du duodénum (ulcère duodénal)
- Modifications de la rate (augmentation du volume de la rate, rupture de la rate)
Les douleurs dans l’hypocondre droit
- Calculs biliaires (lithiase biliaire)
- Colique hépatique
- Inflammation de la vésicule biliaire (cholécystite)
- Inflammation du foie (hépatite)
- Cicatrisation du tissu hépatique entraînant une défaillance hépatique (cirrhose)
Les douleurs dans l’hypogastre
- Syndrome du côlon irritable
- Rectocolite hémorragique
- Maladie de Crohn
- Hernie inguinale
- Calculs rénaux, colique néphrétique
- Inflammation des ovaires (appendicite), avec douleurs abdominales dans la fosse iliaque gauche ou droite
- Grossesse abdominale ou tubaire
Les douleurs dans la partie supérieure droite de l’abdomen (hypocondre droit) ;
- Appendicite, avec douleurs dans l’épigastre ou la zone péri-ombilicale au début
- Maladie de Crohn
Les douleurs dans la partie inférieure gauche de l’abdomen (fosse iliaque gauche) ;
- Diverticulite
Les douleurs dans l’ensemble de l’abdomen
- Syndrome du côlon irritable
- Infections gastro-intestinales
- Occlusion intestinale
- Abdomen aigu (syndrome abdominal aigu)
Savoir situer les douleurs abdominales peut aider à délimiter leurs causes sous-jacentes, mais un diagnostic précis n’est généralement pas possible par ce biais. Pratiquement aucune maladie ne va de pair avec une seule et unique localisation caractéristique de la douleur. En outre, des parties du corps qui n’ont rien à voir avec le point d’origine peuvent être touchées par irradiation. C’est pourquoi l’interrogatoire est suivi d’un examen physique – ou examen clinique – qui se déroule en quatre temps :
- l’inspection, qui vérifie si le ventre est gonflé, s’il présente des blessures ou des cicatrices visibles, et si les aines ont enflé ;
- l’auscultation, qui sert à écouter les bruits intestinaux dans tous les quadrants abdominaux à l’aide d’un stéthoscope. Il est normal que les mouvements intestinaux produisent des bruits. Ceux-ci peuvent toutefois différer en cas de troubles digestifs. De plus, leur absence totale révèle une urgence médicale !
- la percussion, grâce à laquelle toute accumulation de gaz ou de liquide dans l’abdomen est mise en évidence ;
- la palpation, qui recherche, en exerçant une pression sur le ventre, si la paroi abdominale est « élastique », durcie, tendue (défense) ou souple. L’apparition de douleurs lorsque le ventre s’enfonce ou se relâche donne également des indications sur l’étiologie. En outre, la palpation permet de détecter des ganglions lymphatiques hypertrophiés.
Si une modification rectale est supposée responsable des douleurs, le rectum est en outre palpé avec un doigt (toucher rectal). Des explorations complémentaires sont souvent nécessaires pour établir un diagnostic étiologique. Les méthodes dépendent des déclencheurs éventuels. Par exemple, il est possible d’effectuer :
- une analyse de sang ;
- une analyse des selles ;
- une analyse d’urine ;
- des tests d’intolérance alimentaire ;
- un examen par ultrasons (échographie) ;
- des tests respiratoires à l’H2 ;
- un examen radiologique ;
- une tomodensitométrie (TDM) ;
- une imagerie par résonance magnétique (IRM) ;
- un examen de l’estomac (gastroscopie) ;
- un examen du côlon (coloscopie) ;
- une endoscopie abdominale (laparoscopie) ;
- une endoscopie des canaux biliaires, de la vésicule biliaire et du canal excréteur du pancréas (cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique ou CPRE) ;
- une électrocardiographie (ECG) ;
- une imagerie des vaisseaux sanguins (angiographie) ;
- un examen gynécologique ou urologique chez des spécialistes.
Le traitement contre les douleurs abdominales
Lorsqu’elles surviennent, la plupart des personnes concernées se demandent ce qui aide contre les douleurs abdominales. Il n’est pas facile de répondre à cette question, car le traitement dépend en grande partie de ce qui les provoque.
Souvent, les douleurs et crampes abdominales sont désagréables, mais bénignes. Par exemple, elles disparaissent d’elles-mêmes en peu de temps après un repas trop riche ou une infection gastro-intestinale. Quelques remèdes et astuces peuvent éventuellement aider jusqu’à la disparition des symptômes. En cas de gastro-entérite, il est judicieux de se ménager.
Par ailleurs, il existe différentes possibilités d’atténuer la douleur, sans toutefois en éliminer la cause. Certaines personnes ont recours à l’homéopathie. Il existe différents traitements homéopathiques destinés à soulager les douleurs et crampes abdominales et, le cas échéant, les nausées, les ballonnements ou les flatulences associés. Il convient toutefois de consulter en cas de symptômes sévères, car ils peuvent être le signe d’une maladie grave ou même d’une urgence.
Parfois, les douleurs abdominales nécessitent une intervention chirurgicale, par exemple en cas d’occlusion ou de perforation intestinale ou encore d’inflammation de l’appendice (appendicite).
Par ailleurs, il existe différentes solutions non médicamenteuses. Les méthodes de relaxation telles que le yoga, le training autogène ou la relaxation progressive de Jacobson ainsi que d’autres techniques visant à réduire le stress sont susceptibles d’atténuer les douleurs abdominales, surtout si elles n’ont pas de causes physiques.
En outre, un mode de vie sain est essentiel. Les mesures importantes à respecter sont :
- la pratique d’une activité physique régulière ;
- l’adoption d’une alimentation saine ;
- le renoncement aux toxiques comme l’alcool et la nicotine.
Les médicaments
Les dispositifs employés pour traiter les douleurs et crampes abdominales doivent être adaptés aux causes sous-jacentes. L’usage de médicaments peut s’avérer utile dans le cadre de certaines maladies. Des inhibiteurs de la pompe à protons sont prescrits en cas de douleurs dans l’épigastre dues à un reflux. Les douleurs dans l’hypogastre causées par des MICI comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique s’améliorent souvent grâce à des préparations à base de cortisone.
Bien qu’elles soulagent seulement, d’autres substances permettent de lutter contre les crampes abdominales, notamment :
- les antalgiques (analgésiques), par exemple sous forme de suppositoires, de gouttes ou de comprimés ;
- les antispasmodiques (spasmolytiques) ;
- les médicaments qui détendent les muscles intestinaux (myorelaxants).
Les remèdes naturels
Dans de nombreux cas, les douleurs et crampes abdominales ne doivent pas nécessairement être traitées. Il est pourtant difficile de les supporter. Alors que faire ? Certains remèdes naturels apportent une aide précieuse dans l’atténuation des symptômes.
Une astuce éprouvée contre les maux de ventre est la chaleur. Elle détend et décontracte le ventre. Bien sûr, il existe la bouillotte, classique, mais aussi des coussins aux noyaux de cerise ou aux céréales. Un bain chaud peut également être bénéfique : des additifs comme la lavande ou la mélisse contribuent à rééquilibrer le corps et l’esprit. Ce qui semble aussi fonctionner depuis longtemps est le cataplasme de pommes de terre. Pour cela, il suffit d’envelopper des pommes de terre chaudes dans un torchon, de les écraser et de les poser sur le ventre. Les tubercules accumulent la chaleur et la restituent peu à peu. Mais attention aux risques de brûlure ! Veillez à ce que les pommes de terre ne soient pas trop chaudes et ne touchent pas directement la peau.
Les infusions sont un autre remède traditionnel contre les douleurs et crampes abdominales. Certaines sortes ont par exemple un effet stimulant sur la digestion, antispasmodique ou antiflatulent. En plus d’avoir fait ses preuves, elles sont délicieuses à boire ! Sont recommandés, entre autres, les infusions et les mélanges à base de :
- menthe poivrée ;
- camomille ;
- graines de cumin ;
- graines de fenouil ;
- fruits d’anis.
Des tisanes toutes prêtes contre les troubles gastro-intestinaux sont disponibles dans le commerce, identifiées par des noms tels que « Après-repas », « Digestion et bien-être » ou autres.
Parmi les autres moyens naturels qui existent contre les maux de ventre, il y a :
- le pain sec en cas de douleurs abdominales supérieures liées à des remontées acides ;
- le gingembre, râpé ou en infusion, contre les troubles digestifs ;
- un massage doux du ventre dans le sens des aiguilles d’une montre.
Il n’agit pas spécialement contre les maux de ventre, mais il n’en est pas moins efficace : l’exercice physique. Après un repas trop copieux ou trop riche en graisses à l’origine de l’inconfort, une promenade digestive stimule la digestion.
Le régime alimentaire
En cas de maux de ventre, l’appétit fait souvent défaut. Il est pourtant important de manger régulièrement afin de fournir suffisamment d’énergie et de nutriments à l’organisme. Les aliments qui provoquent ou aggravent les douleurs abdominales sont bien évidemment à proscrire. Les personnes souffrant d’une intolérance au lactose doivent par exemple limiter leur consommation de produits laitiers, selon leur seuil de tolérance. S’il est impossible d’éviter de consommer des aliments contenant du lactose, des comprimés de lactase peuvent les rendre plus tolérables et prévenir les maux de ventre. Si une maladie cœliaque est diagnostiquée, il est en revanche nécessaire de suivre un régime alimentaire strict sans gluten à vie. Un journal alimentaire peut aider à dépister les intolérances.
En cas de maux de ventre, il est recommandé d’adopter une alimentation saine et légère. La soupe de carottes ou le porridge, par exemple, sont parfaits. Quelques mesures hygiénodiététiques supplémentaires préviennent l’aggravation des douleurs abdominales :
- Évitez les portions trop importantes – cinq petites portions sont généralement mieux tolérées que trois repas principaux. En répartissant régulièrement vos repas sur la journée, vous vous épargnez en outre des fringales et des hypoglycémies.
- Prenez votre temps lorsque vous mangez. Si vous avalez votre repas trop rapidement, vous risquez d’avaler plus d’air, ce qui peut entraîner des flatulences, des ballonnements et des douleurs abdominales.
- Mâchez tout soigneusement. Les aliments sont alors parfaitement digestibles et sollicitent moins le système digestif.
- Ne mangez pas trop tard le soir. Les en-cas juste avant d’aller se coucher sont souvent difficiles à digérer !
- Les aliments très gras comme les fritures, les produits à base de lait entier ou la charcuterie restent longtemps dans l’estomac, car la graisse retarde la vidange gastrique et donc la progression de la digestion, ce qui peut favoriser les maux de ventre.
- Les plats épicés ou acides pèsent sur l’estomac et peuvent provoquer des douleurs dans l’épigastre.
- Buvez au moins 1,5 litre par jour, de préférence de l’eau ou des tisanes non sucrées. Le gaz carbonique provoque des problèmes d’estomac, des flatulences ou un météorisme chez les personnes sensibles, alors que l’eau plate ou du robinet est mieux tolérée. En cas de diarrhée associée, il est indispensable de boire plus pour compenser la perte de liquide.
- L’alcool, le café et les sodas riches en sucre sont déconseillés. Le thé (noir et vert) entraîne également des désagréments chez certaines personnes lorsqu’il est consommé en grande quantité.
De manière générale, les fibres sont à privilégier. Combinées à une hydratation suffisante, elles stimulent l’activité intestinale et, par conséquent, favorisent la digestion et préviennent les douleurs abdominales. Si des douleurs abdominales aiguës surviennent, par exemple en raison d’une diverticulite, il peut toutefois être judicieux d’adopter temporairement une alimentation moins riche en fibres afin de ne pas surcharger davantage les organes digestifs. Les produits qui provoquent des ballonnements sont également des déclencheurs possibles et devraient donc être évités, du moins provisoirement.
Tout le monde ne tolère pas les mêmes aliments. La seule solution est de faire des essais. Un journal alimentaire peut également être utile à cet égard.
Références
Arasteh K et al., Innere Medizin, Thieme, Stuttgart, 2009.
Berufsverband Deutscher Internisten et Berufsverband Deutscher Rheumatologen, Bauchschmerzen [en ligne], consulté en avr. 2016.
Herold G., Innere Medizin, Selbstverlag, Köln, 2013.
Kochen MM et al., Allgemeinmedizin und Familienmedizin, Thieme, Stuttgart, 2006.
Piper W et al., Innere Medizin, Springer, Berlin, 2013.
Andresen V. et al., (2020). Heat-inactivated Bifidobacterium bifidum MIMBb75 (SYN-HI-001) in the treatment of irritable bowel syndrome: a multicentre, randomised, double-blind, placebo-controlled clinical trial, Lancet Gastroenterol Hepatol., juill. 2020 ; 5 (7), 658-666.