Constipation

Qu’est-ce que la constipation ?
La constipation désigne des selles à la fois peu fréquentes et plus dures que la normale. Souvent, la constipation est le symptôme d’une paresse intestinale : les résidus alimentaires ne progressent pas suffisamment vite. L’eau qu’ils contiennent est absorbée par le gros intestin – ou côlon – et plus ils y restent, plus ils sèchent. Conséquence : la constipation.
Même si, dans la plupart des cas, elle est bénigne, la constipation affecte parfois considérablement la qualité de vie des personnes concernées. La médecine distingue deux formes de constipation : la forme aiguë et la forme chronique. Passagère, la constipation aiguë est souvent déclenchée par un facteur concret, par exemple le stress ou un changement alimentaire à l’occasion d’un voyage. La constipation chronique, en revanche, se prolonge sur plus de trois mois. Les maladies chroniques de l’intestin, telles que le syndrome du côlon irritable, figurent parmi les causes possibles.
Certains médicaments peuvent également favoriser la constipation (p. ex. les diurétiques) et notamment sa forme chronique en cas de prise durable.
Les problèmes de transit paresseux et de selles dures sont très répandus. Il n’existe certes pas de chiffres précis, mais la constipation occasionnelle fait partie des désagréments les plus fréquents dans les pays occidentaux. Presque tout le monde y est confronté à un moment ou à un autre de sa vie. Environ 15 % de la population européenne souffre régulièrement de constipation. Globalement, les femmes sont deux fois plus touchées par la constipation chronique que les hommes.
La constipation à différents moments de la vie
Avec l’avancée en âge, les risques de constipation chronique augmentent nettement, surtout à partir de 65 ans. Cela s’explique par une hausse de la sédentarité, de la prise de médicaments et des maladies susceptibles de provoquer ce trouble digestif. Les personnes alitées y sont particulièrement sujettes.
La constipation est également courante pendant la grossesse. D’une part, les hormones de grossesse ont un effet relaxant sur les muscles dont l’intestin, qui devient alors paresseux et la digestion plus longue qu’elle ne le devrait. D’autre part, certaines femmes enceintes sont moins actives que d’habitude, ce qui accentue encore le phénomène.
La constipation n’épargne pas les tout-petits : il s’agit d’un problème fréquent chez le nourrisson, beaucoup plus que la diarrhée par exemple. C’est surtout au cours des trois premiers mois de vie qu’elle survient, car le système digestif n’est pas encore totalement mature.
De nombreuses causes possibles
En fonction des causes, les médecins distinguent trois types de constipation :
- la constipation de progression (= trouble du transit) : le transit ralentit et les selles durcissent trop du fait d’une paresse intestinale ;
- la constipation d’évacuation – ou dyschésie (= trouble de la vidange du rectum) : les selles progressent à une vitesse normale, mais ne peuvent finalement pas être évacuées, par exemple en raison d’une contraction du sphincter ;
- une association entre constipation de progression et d’évacuation.
Les causes d’une paresse intestinale et de la constipation qui en découle sont multiples. Parmi les principaux déclencheurs, il y aurait :
- une alimentation pauvre en fibres ;
- une faible quantité de boisson ;
- un manque d’activité physique.
À ce jour, il n’existe toutefois aucune preuve que ces facteurs liés au mode de vie soient réellement la cause sous-jacente de la constipation. Ils peuvent jouer un rôle – mais pas nécessairement.
La répression du besoin d’aller à la selle pendant une période prolongée (p. ex. en voyage) représente elle aussi un risque. Parfois, la constipation survient en réaction au stress. Ces causes sont généralement temporaires. Une fois qu’elles ont été éliminées, les symptômes se résorbent. Certaines femmes remarquent des changements dans leurs habitudes de défécation liés à leur cycle menstruel. Les hormones présentes dans la seconde moitié sont soupçonnées d’être à l’origine de troubles digestifs. En outre, une carence en potassium, par exemple, peut avoir des répercussions sur le transit.
La colopathie fonctionnelle, ou syndrome du côlon irritable, fait partie des causes fréquentes de constipation. En effet, il se caractérise par une raréfaction chronique des selles, occasionnellement en alternance avec une diarrhée. La faute à une barrière intestinale endommagée. Selon des études, la fonction de barrière de l’intestin est altérée chez les personnes atteintes du syndrome du côlon irritable. Ainsi, elle laisse les bactéries et les agents nocifs s’introduire dans la paroi intestinale, lesquelles provoquent de minuscules inflammations. L’intestin est alors irrité et les symptômes caractéristiques du syndrome du côlon irritable, tels que la constipation, la diarrhée, les ballonnements, un ventre gonflé et des maux de ventre, apparaissent.
En outre, la constipation est potentiellement déclenchée par :
- une modification du régime alimentaire ;
- un jeûne antérieur ;
- une maladie diarrhéique antérieure ;
- une consommation excessive d’aliments « constipants », par exemple le chocolat ou les bananes ;
- un environnement ou une alimentation inhabituels, par exemple en voyage.
Mais aussi fréquemment par des médicaments, comme :
- les préparations à base de fer ;
- les produits drainants (diurétiques) ;
- les analgésiques (surtout les opiacés) ;
- les médicaments antispasmodiques (spasmolytiques) ;
- les antagonistes des récepteurs H2 et les antiacides à base de calcium contre les brûlures d’estomac ;
- différents antidépresseurs ;
- les antihistaminiques contre les allergies.
La constipation secondaire
Certaines maladies entraînent également une constipation, dite alors secondaire. Par exemple :
- l’intolérance au gluten (maladie cœliaque) ;
- la maladie de Crohn ;
- la rectocolite hémorragique ;
- les inflammations intestinales aiguës ;
- les protubérances de la muqueuse intestinale (diverticulose) ou son inflammation (diverticulite) ;
- la hernie du rectum (rectocèle) ;
- les hémorroïdes ;
- les infections fébriles ;
- les troubles hormonaux comme l’hypothyroïdie ou l’hyperparathyroïdie ;
- les troubles alimentaires comme l’anorexie mentale (anorexia nervosa) ;
- les maladies neuromusculaires (myopathies) ;
- le rétrécissement de l’intestin (sténose intestinale) ;
- l’occlusion intestinale ;
- les malformations intestinales ;
- un dysfonctionnement des sphincters de l’appareil digestif, qui se contractent au lieu de se relâcher lors de la poussée (dyssynergie pelvienne, anisme) ;
- un dysfonctionnement du système nerveux de l’intestin (système nerveux entérique), un traitement incorrect de l’influx nerveux dans le cerveau ou une mauvaise communication entre le système nerveux entérique et le cerveau ;
- les maladies dans lesquelles la fonction nerveuse est altérée (diabète sucré, maladie de Parkinson, sclérose en plaques, paraplégie, hernie discale) ;
- la maladie de Hirschsprung, une anomalie congénitale rare caractérisée par une absence de cellules nerveuses au niveau du côlon, responsables de la motilité gastro-intestinale ;
- la fibrose kystique – ou mucoviscidose –, une maladie métabolique héréditaire ;
- les polypes colorectaux ;
- le cancer colorectal.
Une constipation survient souvent après une opération. En cause :
- le manque d’activité physique dû au fait que les personnes concernées doivent généralement se ménager avant et après la chirurgie ;
- les anesthésiques ;
- dans de rares cas, un endommagement ou une section du système nerveux entérique, responsable de la motilité intestinale, lors d’une opération dans la région abdominale ou pelvienne.
La constipation infantile
La constipation est un phénomène très répandu en pédiatrie. Certains de ses déclencheurs sont communs à l’adulte et à l’enfant, d’autres sont spécifiques à l’enfant :
- le passage du lait maternel aux préparations de suite ou aux aliments de sevrage ;
- les changements de rythme du quotidien ;
- la répression du besoin d’aller à la selle en cas de fesses rouges (érythème fessier) ;
- l’apprentissage de la propreté ;
le refus d’utiliser les toilettes pour déféquer (encoprésie).
Symptômes et complications

Des selles grumeleuses et dures ou l’absence totale de selles pendant une période prolongée sont les signes typiques d’une constipation. Les autres symptômes caractéristiques sont :
- une fréquence d’évacuation des selles de moins de trois fois par semaine ;
- une nécessité de pousser fortement pour vider l’intestin ;
- une sensation de vidange incomplète après la défécation ;
- une faible quantité de selles.
Ne pas déféquer quotidiennement est sans danger, à condition qu’il n’y ait aucune gêne et que les selles soient normales. Le rythme varie individuellement. Certaines personnes vont à la selle jusqu’à trois fois par jour, d’autres pas du tout pendant quelques jours.
Des selles trop dures peuvent être très désagréables, surtout si les troubles durent longtemps. Une constipation persistante (chronique) altère autant la qualité de vie que d’autres maladies chroniques comme le reflux gastro-œsophagien, l’hypertension ou la dépression.
Ainsi, des complications sont possibles, et notamment :
- des douleurs abdominales ;
- des ballonnements ;
- un ventre gonflé ;
- une sensation de pression dans le ventre ;
- un « trop-plein » ;
- une perte d’appétit.
Par ailleurs, le passage de selles dures irrite l’anus, créant d’éventuelles petites fissures anales,très douloureuses. La présence de sang dans les selles est également observable. Selon la cause, d’autres symptômes comme une perte de poids involontaire ou de la fièvre peuvent apparaître, mais ils ne sont pas directement liés à la constipation.
Si aucune selle n’est émise pendant une période prolongée ou si des crampes abdominales, des nausées ou encore des vomissements s’ajoutent, il est nécessaire de consulter d’urgence pour déterminer l’origine des troubles. En cas d’accumulation des matières fécales dans le gros intestin, le corps médical parle de coprostase. La coprostase est une complication grave de la constipation chronique. Lorsque l’impossibilité d’aller à la selle est associée à une occlusion intestinale par exemple, un traitement doit immédiatement être initié. Sans cela, l’occlusion intestinale peut être mortelle.
Lors d’une coprostase, si les selles s’accumulent peu à peu dans le côlon, celui-ci s’épaissit alors de plus en plus et se dilate. Les médecins appellent cela un mégacôlon. Les selles sont tellement compactes qu’il n’est plus possible d’exonérer normalement (fécalome). Cette pathologie est susceptible d’avoir d’autres conséquences majeures. Par exemple, des bactéries contenues à l’intérieur du côlon peuvent franchir la barrière intestinale, pénétrer dans le péritoine et y provoquer une inflammation (péritonite par migration) ou encore passer dans la circulation sanguine, avec pour manifestation complète une intoxication (stercorémie). Les personnes alitées sont les plus touchées par la coprostase.
Diagnostic de la constipation
La plupart du temps, il n’y a pas lieu de s’inquiéter lorsqu’occasionnellement les selles durcissent et deviennent difficiles à évacuer. Des laxatifs et autres remèdes naturels peuvent souvent aider. Mais si la constipation persiste et entraîne des plaintes permanentes, la pose d’un diagnostic s’impose.
Il est difficile de définir à quel moment parler de constipation en raison des différentes habitudes de défécation. La règle énonce toutefois qu’il y a constipation chronique lorsque le nombre d’émissions de selles est durablement inférieur à trois par semaine. Le diagnostic de constipation ne suffit toutefois pas pour avancer tant que l’étiologie n’est pas connue.
Pour ce faire, différents examens sont nécessaires. Mais d’abord, le médecin vous posera quelques questions telles que :
- Quelle est la fréquence normale de vos selles ?
- Depuis quand n’avez-vous pas déféqué ou vos selles sont-elles dures ?
- Quelle est la couleur des selles ?
- L’évacuation des selles est-elle douloureuse ?
- Avez-vous l’impression que votre intestin n’est pas complètement vidé après avoir déféqué ?
- Outre une constipation, avez-vous d’autres symptômes tels que des douleurs abdominales ou des ballonnements ?
- Avez-vous observé du sang dans vos selles ?
- Avez-vous des selles dures en alternance avec des diarrhées ?
- Avez-vous perdu du poids involontairement ces derniers temps ?
- Faites-vous régulièrement de l’exercice, du sport ?
- Quelle quantité de liquide buvez-vous par jour ?
- Avez-vous subi beaucoup de stress ces derniers temps ou des changements importants dans votre vie ?
- Prenez-vous régulièrement des médicaments ?
- Souffrez-vous de maladies susceptibles d’entraîner une constipation (diabète sucré, hypothyroïdie, maladie cœliaque…) ?
Dans de nombreux cas, ces questions permettent déjà de soupçonner les causes probables du trouble. Si, par exemple, d’autres symptômes tels que des douleurs abdominales ou des ballonnements apparaissent ou s’il y a alternance entre constipation et diarrhée, un syndrome du côlon irritable est à suspecter.
À la suite de l’interrogatoire, l’anus est examiné et un toucher rectal est pratiqué afin d’évaluer le tonus du sphincter.
Les tests complémentaires

En fonction des déclencheurs supposés par le médecin, il est possible que des examens complémentaires soient nécessaires. Si rien ne laisse à penser qu’elle est d’origine pathologique, aucun examen supplémentaire n’est nécessaire et des mesures hygiéno-diététiques sont recommandées par le médecin pour soulager la constipation. Mais si aucune amélioration n’est constatée après quatre semaines, il convient d’approfondir les recherches. Pour déterminer si une maladie se cache derrière la constipation, d’autres approches diagnostiques sont envisageables, parmi lesquelles :
- la tenue d’un journal des selles dans lequel sont consignés, par exemple, l’heure de la défécation, la couleur et la consistance des selles et les éventuels troubles associés ;
- l’analyse de sang, avec bilan thyroïdien ou nutritionnel par exemple ;
- l’analyse des selles, avec recherche de sang caché (occulte) ;
- la mesure des pressions dans l’anus et le rectum (manométrie) ;
- la mesure du taux de vidange de l’estomac et de la durée de transit au niveau de l’intestin grêle, par exemple par certains tests respiratoires ;
- des tests d’évaluation de la capacité d’évacuation des selles, par exemple le test d’expulsion au ballonnet au cours duquel un petit ballonnet rempli d’eau est introduit dans le rectum, que la personne concernée doit ensuite expulser ;
- l’imagerie de la vidange intestinale (défécographie) par radiographie ou imagerie par résonance magnétique (IRM) ;
- l’échographie de l’abdomen ou de la thyroïde (en cas de suspicion de troubles thyroïdiens ou parathyroïdiens) ;
- pour les femmes, l’examen gynécologique ;
- la coloscopie.
La coloscopie est indiquée en cas de constipation chronique accompagnée de certains signes avant-coureurs pouvant indiquer la présence de polypes ou d’un cancer du côlon. Ces signaux d’alarme sont entre autres :
- des saignements ;
- une anémie ;
- une perte de poids inexpliquée (d’au moins 10 % du poids initial) ;
- une malnutrition ;
- des antécédents médicaux ou familiaux de tumeur bénigne ou maligne à l’estomac ou l’intestin ;
- une augmentation de volume des ganglions lymphatiques.
Traitement
Que faire contre la constipation ? Il existe quelques règles hygiéno-diététiques fondamentales contribuant à soigner la constipation ou la prévenir :
- Faites régulièrement de l’exercice : le sport ou même une simple promenade digestive font travailler l’intestin et aident à lutter contre la paresse intestinale.
- Le fitness, en particulier le renforcement musculaire des abdominaux, stimule également l’intestin. Il est important de respirer profondément pendant les entraînements. La pression qui se crée alors dans l’abdomen agit comme un massage du ventre.
- Veillez à boire suffisamment. Les nutritionnistes recommandent de boire environ 1,5 à 2 litres par jour, le mieux étant l’eau ou les tisanes non sucrées.
- Évitez de réprimer régulièrement votre besoin d’aller à la selle pendant une période prolongée.
- Décidez de vous détendre. Des techniques de relaxation comme le yoga ou le training autogène peuvent vous y aider. En outre, rien ne vaut un bain chaud ou une promenade après une journée stressante !
- Prévoyez toujours suffisamment de temps pour aller aux toilettes après le repas. Le matin en particulier, de nombreuses personnes ont tendance à voir trop juste, alors que c’est justement à ce moment-là que l’intestin est le plus actif !
Par ailleurs, les médecines douces connaissent un véritable engouement et méritent d’être essayées en cas de constipation. Selon des études, des mélanges de plantes utilisés dans la médecine traditionnelle asiatique/chinoise (MTC) soulageraient les symptômes de certaines personnes concernées. Complément utile au traitement, le massage du ventre a fait ses preuves, surtout en cas de constipation chronique. Il peut être effectué soi-même ou par une personne auxiliaire et s’avère simple à réaliser. De préférence en position couchée, les mains dessinent des cercles sur le ventre dans le sens des aiguilles d’une montre, en partant du bas à droite. Cela permet avant tout de calmer les troubles ressentis.
L’effet des probiotiques en cas de constipation chronique est également scientifiquement prouvé.
Certains se tournent aussi vers l’homéopathie. Il n’y a pas d’objection à cela si l’expérience passée est positive. En ce qui concerne l’acupuncture, il n’existe à ce jour aucune preuve de son efficacité contre la constipation.
Les autres méthodes
Une alimentation saine et riche en fibres joue un rôle important. Mais nous y reviendrons plus tard dans la partie « Alimentation ». Les mesures à prendre dépendent de la cause de la constipation. Si elle résulte d’un trouble de l’évacuation, un lavement, aussi désigné sous le nom de clystère ou de lavage anal, peut mettre fin au problème dans de nombreux cas. Lors d’un lavement, un liquide est envoyé dans le côlon par l’anus. Le lavement en cas de constipation ne doit toutefois pas être utilisé sur une longue durée.
Les suppositoires sont une autre solution. Si ni le lavement ni les suppositoires ne viennent à bout de la constipation, il est possible que des malformations intestinales soient responsables des troubles. L’opération est parfois indiquée. Autre possibilité de traitement en cas de dysfonctionnement du plancher pelvien : l’entraînement par biofeedback. Il s’agit de s’entraîner à détendre volontairement son sphincter. Plusieurs options d’entraînement existent. Toutes ont en commun l’insertion d’une sonde dans le rectum, qui mesure le tonus musculaire. Celui-ci est représenté en image sur un écran grâce auquel il est possible de suivre son évolution quand le muscle est contracté ou relâché. Cette initiative permet aux malades de prendre conscience de leurs sensations lorsque leur sphincter se relâche, de s’entraîner et, plus tard, de mettre en application leur apprentissage aux toilettes.
Si aucun trouble de l’évacuation n’est responsable de la constipation, différents médicaments, éventuellement combinés à un lavement, peuvent aider à lutter contre la constipation.
Médicaments – Laxatifs
Que faire en cas de constipation lorsqu’aucun des conseils donnés n’a fonctionné ? Il existe plusieurs sortes de laxatifs vendues sans ordonnance en pharmacie. Les médicaments contre la constipation ont chacun une action différente. Les laxatifs se présentent sous des formes galéniques variées, par exemple en dragées, en poudre ou en gouttes, et selon leur forme, leur effet se fait sentir plus ou moins rapidement. Les laxatifs peuvent par exemple :
- activer les mouvements intestinaux ;
- inhiber l’absorption de l’eau contenue dans les selles ;
- favoriser l’évacuation de l’eau dans le côlon.
Par conséquent, ils vont :
- augmenter la fréquence d’émission des selles ;
- ramollir les selles ;
- calmer les douleurs associées. Certains laxatifs favorisent toutefois les crampes abdominales en stimulant l’activité intestinale.
Il existe différents principes actifs à l’effet laxatif, dont certains sucres et alcools de sucre, par exemple le lactulose, le lactitol et le sorbitol. Ainsi, il est possible de changer de produit et donc de principe actif en cas d’intolérance ou d’absence de résultats.
Les personnes qui optent pour les laxatifs doivent veiller à respecter la posologie exacte, car, en trop grande quantité, ils risquent d’entraîner des diarrhées. Si un médicament seul n’apporte pas l’effet escompté, il est possible de combiner différents laxatifs entre eux. Quand il n’y a pas d’autre solution à la constipation, le recours régulier à des laxatifs, par exemple tous les deux ou trois jours, peut se justifier. La prise de laxatifs ne devrait néanmoins se faire qu’après obtention d’un avis médical.
Outre les laxatifs, il existe également des prokinétiques qui stimulent la motilité intestinale. Les remèdes destinés à lutter contre la constipation sont délivrés sur ordonnance.
D’autres moyens de lutte contre la constipation sont les suppositoires. Alors que les laxatifs sont surtout indiqués en cas de constipation chronique, les suppositoires traitent la constipation aiguë en agissant directement dans le rectum. Il en existe différents types :
- les suppositoires à base de glycérine, laquelle sert de « lubrifiante » et rend les selles plus glissantes ;
- les suppositoires à base de dioxyde de carbone (CO2), qui est donc libéré dans les intestins et vient le dynamiser.
Remèdes naturels

Il existe différents remèdes naturels efficaces contre la constipation. Tous n’ont cependant pas le même effet sur tout le monde. C’est pourquoi il faut parfois faire quelques essais d’abord pour savoir lequel est le meilleur pour soi. Ce qui sort de vos placards ne peut pas vous faire de mal, tant que vous veillez à en faire un bon usage.
Les laxatifs naturels sont des remèdes éprouvés contre la constipation. Parmi eux, citons :
- les graines de chia, considérées comme un superaliment ;
- la choucroute et son jus, qui contiennent de l’acide lactique, lequel a un léger effet laxatif – à éviter toutefois pour les personnes sensibles, car les brassicées provoquent souvent des ballonnements ;
- les produits à base de lait fermenté comme le yaourt, le lait caillé ou le kéfir de lait, qui permettent également de répondre aux besoins en acide lactique ;
- les fruits secs trempés comme les pruneaux ou les figues séchées, riches en fibres et délicieux dans le muesli du petit-déjeuner, aident à la digestion ;
- les prunes, séchées (pruneaux), mais aussi fraîches ou en jus, car elles contiennent beaucoup de fibres ;
- les pommes et les kiwis, également pleins de fibres , agissent sur le transit intestinal.
- les jus de fruits, tels que le jus de poire ou d’ananas – parfaits le matin à jeun ;
- l’eau minérale à forte teneur en sulfate (au moins 1 200 mg/l) ; stimule le transit intestinal et peut avoir un effet laxatif ;
- les graines de lin – attention à les combiner avec un apport en liquide suffisant, afin que leurs agents gonflants puissent effectivement gonfler et ne viennent pas au contraire aggraver la situation ;
- le son, par exemple de blé ou d’avoine, également riche en fibres et qui gonfle donc dans l’intestin (à condition d’un apport suffisant en liquide !).
Le sirop de lactulose et le lactose agissent aussi contre la constipation. Une à deux cuillèresà soupe diluées dans un verre d’eau permettent de retenir davantage d’eau dans les selles, ce qui évite qu’elles ne soient trop dures. Le sirop de lactulose et le lactose sont disponibles en pharmacie ou en droguerie. Mais méfiance, car certaines personnes ne supportent pas le lactose ! En cas d’intolérance au lactose, des troubles tels que des douleurs abdominales, des ballonnements et des diarrhées peuvent apparaître – l’exact inverse de l’effet recherché… Le sirop de lactulose contient également du lactose et ne constitue donc pas une alternative pour les personnes concernées par une intolérance au lactose.
L’huile de ricin constitue un autre remède naturel anticonstipation, car elle active les mouvements intestinaux. Elle est obtenue à partir de l’arbrisseau d’origine tropicale du même nom. Les enzymes pancréatiques et les acides biliaires décomposent l’huile de ricin en acide ricinoléique et en glycérine. Or, l’acide ricinoléique stimule l’activité intestinale, tandis que la glycérine rend les selles plus souples. L’huile de ricin ne convient toutefois pas aux femmes enceintes , car elle favorise non seulement l’activité intestinale, mais aussi les contractions.
Les autres astuces maison
- Pensez au massage du ventre, par des cercles de droite à gauche, pour soulager vos douleurs abdominales et autres troubles digestifs.
- Mettez de l’exercice dans votre vie : du footing, de la natation ou simplement de la marche. Vous êtes en forme, votre intestin l’est aussi !
- Buvez un verre d’eau chaude chaque matin avant le petit-déjeuner, cela booste l’activité intestinale.
- Le matin, à jeun, avalez une cuillère à soupe d’huile d’olive. Les selles dures sont ainsi plus faciles à évacuer.
- Détendez votre ventre et luttez contre vos douleurs abdominales et vos ballonnements en plaçant une bouillotte ou un coussin à graines chaud dessus.
Alimentation

L’alimentation est cruciale en cas de constipation. Elle est la première variable d’ajustement sur laquelle il est possible d’agir pour soulager les symptômes. Différents aliments peuvent aider à lutter contre la constipation, surtout s’ils sont pleins de fibres. En agissant sur le transit, ces dernières soulagent la constipation. Les plus efficaces sont les fibres solubles (p. ex. dans les graines de lin ou le psyllium). D’ailleurs, les personnes atteintes du syndrome du côlon irritable supportent mieux les fibres solubles qu’insolubles. Les fibres gonflent au contact de l’eau présente dans le bol alimentaire. Les selles prennent alors du volume et progressent plus rapidement dans le tube digestif, évitant qu’elles ne se dessèchent par l’action absorbante du côlon. Elles restent plus molles et l’évacuation est plus facile. Les nutritionnistes recommandent donc de consommer au moins 30 g de fibres par jour. Mais rares sont les patientes et patients à atteindre cette quantité. C’est toutefois possible en ciblant certains aliments. Parmi les aliments riches en fibres pouvant permettre de lutter contre laconstipation, il y a :
- les céréales complètes et les produits qui en sont issus, comme le pain, les pâtes ou le riz complets. Il existe une variante complète pour pratiquement tous les produits céréaliers ;
- les légumineuses, par exemple les lentilles, les pois chiches, les haricots, les petits pois, le soja ;
- les pommes de terre ;
- les carottes ;
- le fenouil ;
- les choux, par exemple le chou-fleur, le brocoli, le chou vert, le chou de Bruxelles ;
- les fruits secs ;
- les baies ;
- les noix et les graines, par exemple les graines de lin ou de pavot, les amandes, les noix de macadamia.
Attention ! Manger beaucoup de fibres nécessite de boire suffisamment, sinon les fibres ne gonflent et la constipation peut même s’aggraver. En outre, il est déconseillé de passer trop rapidement d’un régime pauvre en fibres à un régime très riche en fibres. Tant que l’intestin n’y est pas habitué, celles-ci sont susceptibles de provoquer des ballonnements, un « trop-plein », ainsi que des douleurs et des crampes abdominales. Le fait d’intégrer peu à peu de plus en plus d’aliments riches en fibres sera mieux toléré par l’appareil digestif.
En outre, la manière de manger en cas de constipation joue également un rôle :
- Prenez le temps de manger et évitez le stress et la pression des contraintes horaires.
- Renoncez à lire ou à regarder la télévision pendant le repas.
- Mâchez soigneusement : la digestion commence déjà dans la bouche !
- Mangez régulièrement afin de maintenir l’activité intestinale. Veillez toutefois à l’apport énergétique total.
- Pour certaines personnes, il peut être bénéfique de diviser les trois repas principaux en cinq petites collations.
Références
Leitlinie der Deutschen Gesellschaft für Neurogastroenterologie und Motilität et al. Chronische Obstipation: Definition, Pathophysiologie, Diagnostik und Therapie. AWMF-Leitlinien-Register-Nr. 021/019 (Stand: 02/2013)
Leitlinie der Gesellschaft für Pädiatrische Gastroenterologie und Ernährung. Obstipation im Kindesalter. AWMF-Leitlinien-Register-Nr. 068/019 (Stand: 04/2011)
aid infodienst Ernährung, Landwirtschaft, Verbraucherschutz. Verstopfung. Online-Informationen (Abruf: 02/2016)
Deutsches Ernährungsberatungs- und Informationsnetz. Ernährungstipps: Verstopfung. Online-Informationen (Abruf: 02/2016)
Gastro-Liga. Chronische Obstipation: Leitfaden für Patienten (Stand: 07/2014)
Gastro-Liga. Obstipation: Ratgeber für Patienten (Stand: 06/2010)
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